Pourquoi et comment compresser ?

Aussi simple que soit son principe, la compression peut se révéler comme étant le plus complexe des effets MAO. Même si elle est devenue indispensable aujourd’hui, elle fait souvent un peu peur et certains ingénieurs sont intimidés à l’idée de compresser l’amplitude d’un signal audio !

Qu’est-ce que la compression et pourquoi l’utiliser ?

Basiquement, il s’agit de réduire la dynamique d’un signal et, donc, de diminuer l’écart entre les sons les plus forts et les sons les plus faibles. À l’origine, il s’agissait d’adapter la dynamique des premiers supports (vinyles, bandes ou cassettes) à celle des orchestres qui étaient enregistrés (essentiellement en musique classique et jazz). Par la suite, dès l’apparition des chaînes d’amplification ou encore des instruments à faible rendement, le compresseur est devenu indispensable !

Ainsi, on pouvait espérer entendre la partition d’une contrebasse alors qu’elle était entourée de la batterie et de guitares électriques. Curieusement, de nos jours, alors que toutes les sources ou presque sont au moins disponibles en 16 bits et que nous disposons donc d’une dynamique proche de la réalité, cette compression n’est plus techniquement nécessaire et pourtant… Elle n’a jamais été aussi présente !

Tout d’abord, il reste des cas irréductibles : la voix, quel que soit le genre musical (même le chant lyrique) est presque toujours compressée. Aussi peu que ce soit, afin de faciliter son intégration.

L’usage principal du traitement est devenu esthétique. Plus globalement, le fait de compresser sert à optimiser l’enregistrement en le rendant plus audible. Et l’industrie musicale s’est mise à compresser, beaucoup, sans nécessité réelle, c’est ce que les professionnels ont d’ailleurs appelé la « loudness war ».

À sa décharge, les nouveaux usages de consommation de la musique poussaient dans cette direction. On ne mixe pas pour des ear-plugs dans le métro comme on le ferait pour une écoute hi-fi dans un environnement contrôlé !

Compression : Le « comment »,

Rappelons-nous qu’un certain nombre de paramètres vont conditionner le comportement de notre compresseur : le seuil, le ratio, les temps d’attaque et de release et la progressivité. Certains appareils permettent l’ajustement de toutes les variables, alors que, sur d’autres, elles restent inaccessibles. Ce paramétrage n’est pas forcément gage de qualité !

Les différents paramètres de la compression

Le seuil (threshold) :

Il s’agit d’un réglage de niveau au-delà duquel le module dynamique commencera à agir. Dès que ce niveau est atteint ou dépassé, le processus de compression commence.

Le ratio :

Il détermine le facteur de réduction du signal qui excède le seuil. Rappelez-vous, en dessous de celui-ci, le signal reste inchangé ! Un ratio peut varier de 1:1 à Inf:1. Comment cela se traduit-il ? Plus le seuil est bas, plus la quantité de signal compressé est importante et plus le ratio est élevé, plus la réduction du signal traité est importante ! À l’aide de ces deux premiers ajustements, vous pouvez compresser très peu votre signal ou, au contraire, ne traiter que les niveaux les plus élevés, mais… drastiquement !

 L’attaque (en ms)

Elle détermine le temps nécessaire au compresseur pour atteindre le ratio demandé lorsqu’on dépasse le seuil. Un temps très rapide (quelques millisecondes) permettra au compresseur d’agir quasi instantanément. C’est ce que l’on demande au brickwall final d’un process de mastering, par exemple.

Le relâchement (en ms et sec)

C’est le temps nécessaire au compresseur pour rejoindre sa position de « repos », soit le ratio 1:1, lorsque l’intensité du signal d’entrée retombe en deçà du seuil. Des temps rapides (en dessous de 100 ms) conservent un certain punch au signal d’origine, alors que des temps plus importants vont augmenter les réverbérations.

L’arrondi (knee) :

Il détermine comment se comporte la transition entre le son non compressé et le son traité par le ratio nominal que vous recherchez.

On retiendra que les compresseurs de dernières générations analogiques ou les compresseurs numériques sont capables de « hard knees », alors que les compresseurs vintages sont plutôt caractérisés par des « soft knees ».

 

 

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