Devenir compositeur de musique de film

Devenir compositeur de musique de film :

Interview de Stéphane Damiano

 

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Je suis aujourd’hui avec Stéphane Damiano.

– Bonjour Stéphane,

– Salut !

– On va parler aujourd’hui un peu de ton parcours de musicien-pianiste.

Tu vas nous raconter un peu quand tu as commencé le piano. Moi, je t’ai connu dans le cadre de mes formations. Comment en l’espace de quelques années, t’as changé un petit peu de métier, tu es devenu compositeur de musique de film. Donc comment ça a commencé pour toi le piano classique ?

– J’ai commencé à 10 ans le piano classique, j’ai fait cinq ans de classique et puis, très vite, j’ai eu envie de faire de la musique plus moderne. Donc, à l’âge de 15 ans, j’ai participé à des comédies musicales, j’ai fait du bal…

– C’était des reprises tes morceaux ? Moi, je t’ai connu dans le cadre de mes formations.

– Voilà, c’est ça ! Mais je compose depuis l’âge de 14 ans, à la maison. Des petites pièces, comme ça, et puis ça a vraiment suivi mon évolution musicale.

– A l’époque, tu faisais comment pour composer chez toi ? Tu avais un ordinateur ou papier-crayon ?

– Pas du tout ! C’était papier-crayon et puis j’écrivais des mélodies. J’ai fait un stage pour apprendre les accords au piano, l’accompagnement de chansons, de chorales. Et  ça a été une découverte pour moi. On pouvait écrire des accords, avec des lettres et tout ça. Donc, j’ai composé mélodies et accords.

– Tout en continuant de prendre des cours de piano ?

– Voilà, oui oui. Et puis après le jazz, qui est sous cette forme-là : mélodies et accords et après on fait ce qu’on veut. ça m’allait bien, ça m’a vraiment attiré puis j’en ai écouté pas mal : du jazz, vers l’âge de 18 – 19 – 20 ans.

– A cet âge-là tu t’es dit que tu allais te professionnaliser dans la musique ?

– J’en rêvais depuis tout jeune, mais je n’étais pas prêt.

– C’était comme un rêve de gosse ?

– Oui, ça m’a toujours fait bien rêver. Et puis bon, j’ai fait des études de comptabilité, de gestion d’entreprise, quatre ans après le bac, pour au bout du compte me dire que c’était vraiment pas ça ce que je voulais faire. Mais que c’était vraiment la musique qui m’intéressait.

– Effectivement, ce n’est pas la même voie.

– Donc, après, j’ai passé le cap, j’ai gagné ma vie en donnant des cours de piano jazz pendant près de dix ans. Et c’était vraiment super pour moi parce que j’ai pu avoir des projets à côté, monter des groupes, composer, commencer à faire jouer mes compositions avec des musiciens…

– Et du coup, tu faisais payer tes prestations au début ou tu étais intermittent du spectacle ?

– Non, pas tout de suite.

– C’était des cours qui t’ont permis finalement de gagner ta vie et t’immerger dans le monde de la musique ?

– Oui, c’est ça. Et puis il y a 10 ans, j’ai passé le cap. J’ai arrêté d’enseigner. Et j’ai évolué en intermittent.

– C’est intéressant, comment tu as passé ce cap justement ? Ça s’est fait brutalement ou petit à petit, tu as commencé à faire des concerts et tu as diminué tes heures de cours ?

– En fait, j’étais avec des musiciens qui eux étaient intermittents. Du coup, je me débrouillais toujours pour qu’eux, ils aient un cachet, parce que ce que c’est leur statut et c’est important. Et puis moi, comme je n’étais pas intermittent, si je n’avais pas de cachet, ce n’était pas grave. Je me rappelle, j’ai fait aussi du piano bar. Et une année, j’ai eu 42 cachets, en faisant du piano bar. Et là, la question se posait : est-ce que du coup je faisais ça ?

– Tu as eu une période de transition ?

– Et en fait, 42 c’est … Il m’en manquait un. Et je me suis dis : je n’avais pas envie de courir après les cachets. Du coup, j’ai choisi d’être professeur et de ne pas être intermittent. Et puis quelques années après, quand vraiment, c’était ça ce que je voulais faire, de la scène, je me suis dit : bon allez, j’arrête tout. Donc j’ai arrêté toutes mes écoles et puis j’ai eu un an en essayant d’avoir les 43 cachets.

– Ça a été vraiment une décision : j’arrête et je prends une autre orientation ?

-Oui, c’était une décision. Et à l’époque, c’était compliqué, peut-être encore aujourd’hui, en même temps d’être payé en tant qu’enseignant.

– On ne peut pas tout faire, de toute façon.

– C’est ça, donc c’était vraiment une décision ferme. Et maintenant, je tente le coup. Et en fait, c’est à mon premier disque, donc j’ai fait trois disques de composition, vu le succès qu’il a eu et que ça plaisait aux gens. Je me suis dis : voilà, ça m’a fait un déclic, c’est ça que je veux faire.

– C’était du jazz ?

– Oui

– Et donc, te voilà intermittent ?

– Voilà, depuis dix ans et chaque intermittence tous les dix mois, j’ai réussi à renouveler.

– Alors tu faisais des compositions, des standards ?

– Vraiment, des compositions, c’est mon truc.

– T’arrive à en vivre pendant plus de dix ans ?

– Oui

– Bravo !

– Merci, et c’était vraiment chouette, j’ai une belle carrière, on va dire.

-Donc, on peut écouter ça sur ton site internet et un peu ce que tu as fait pendant cette période ?

– Tout à fait, il y a des vidéos et de la musique. On peut voir les trois disques. L’un des grands concerts que j’ai fait c”étais au Paris Jazz Festival, au parc Floral, devant 1500 personnes, en trio avec Jean-Pierre Sardi à la clarinette basse et Carlo Rizzo au tambourin, c’était chouette, un beau concert. Et puis depuis deux – trois ans, c’est plus difficile de trouver des concerts. La crise était là et je sentais que les choses devenaient vraiment de plus difficiles à trouver des dates et se déclarer. Puis le jazz…

– ça payais moins aussi ?

– Oui, c’est vrai ça payait moins. J’avais deux rêves : de faire du jazz et de vivre de ça. Ce rêve s’est réalisé. Et j’ai fait un deuxième rêve, qui était celui de faire des musiques de film. Et c’est François de Roubaix, un compositeur français, qui dans ma jeunesse m’a vraiment marqué. C’est chouette ce qu’il fait, j’aimerais bien faire ça dans ma vie. Et donc, j’ai commencé à faire des ciné-concerts, en 2012, il y a trois ans. Et c’est ça qui a sauvé mon intermittence parce que ça a bien marché.

– Tu as réussi à maintenir le nombre de dates suffisant ?

-Voilà, grâce au ciné concert parce que c’est quelque chose qui est de plus en vogue et c’est aussi super intéressant. On regarde un film, on l’accompagne en direct. C’est le film qui nous donne les idées, on compose aussi certains passages. C’est excitant quoi.

– J’imagine, c’est ça qui t’a donné envie d’aller plus loin ?

– Oui, c’est ça.

– C’est à ce moment-là qu’on s’est rencontrées non ?

– C’est ça, il y a trois ans.

– Donc, là, tu as eu la démarche de vouloir te former en ordinateur pour faire de la musique de film ?

– Pour faire de la musique de film. Jusqu’à présent, mon truc, c’était la musique acoustique, le piano, le vrai piano, piano à queue, qui sonne. Et cette énergie-là, va directement au public. Je lui donne les couleurs, et tout ce que comporte ma musique, tout ce que je joue en direct, ça donne des couleurs, ça donne des ambiances, des émotions et c’est ça qui était important. Et je me suis rendu compte qu’une musique de film, c’est de la musique qui est vraiment pensée, qui est travaillée, qui a une texture et puis qui est souvent orchestrale ou mélangée avec des musiques électroniques. Donc voilà, pour ça, il fallait avoir des outils technologiques. Et ben voilà, j’étais bien content de faire ta connaissance, d’avoir ces stages avec toi.

-Tu as fait un stage Logic pro, composition, mixage ?

– Logic pro 9 à l’époque premier niveau.

– le premier stage a duré quatre semaines et puis tu as un deuxième stage de deux semaines.

– Oui, sur le deuxième niveau Logic pro 10.

– Je voulais vous présenter Stéphane aussi, parce que je suis assez impressionné par ton parcours. Moi, j’ai formé quand même pas mal de professionnels de la musique. Et c’est vrai que, pendant les stages en fait, si on travaille, ce que tu as fait, ce que tu as appliqué en fait, tu arrives à faire des pas-de-géant et à progresser d’une façon assez phénoménale quoi.

Et du coup quand tu es revenue me voir la deuxième fois, tu avais déjà décroché des contrats en fait, pour des grands spectacles notamment à Vizille près de Grenoble. Et la deuxième fois que tu as fait ton stage de perfectionnement sur Logic en mixage, tu préparais des musiques de jeux vidéo.

C’est quand même incroyable, tu connaissais rien à l’informatique, au début quand tu es venu me voir, en l’espace de deux ans à peu près, tu t’es mis à composer. Comment ça s’est passé cette transition-là ? C’était difficile à appréhender les outils informatiques, la MAO ?

– Non, alors j’avais fait ça vraiment dans ma jeunesse quand j’avais 20 ans, avec les vieux Mac. J’avais déjà un peu fait ça, mais très vite pour moi, c’était la musique acoustique qui était importante, donc je n’ai pas forcément poursuivi cette voie. Le fait d’y revenir, il y a une facilité et puis c’est le plaisir du son, c’est comme on crée du son, comment on travaille avec les banques de sons, comment travailler avec la musique audio qu’on enregistre, ça reste de la musique. Et puis comme c’est celle qui me vient quoi.

– Aussi, au niveau de la charge de travail, est ce que tu as dû travailler beaucoup pour être autonome derrière ton ordinateur, pour composer et arriver à livrer quelque chose ?

– C’est énorme, donc le son et lumière que j’ai fait à Vizille, il y a deux ans, c’était sur la révolution française et c’était directement après le stage. J’ai pu mettre en application tout ce que j’avais appris. Et j’avais une heure de banque de son à livrer.

– On t’a demandé une heure de musique ?

– Une heure, oui. C’est énorme. Et là c’était un travail de trois mois, très intensif. Et du coup, ça m’a permis de rentrer dans Logic pro et puis de travailler avec.

– Plus on travaille aussi, c’est logique, le plus de temps tu passes sur ton piano, l’ordinateur, c’est la même chose, il faut travailler.

– Donc là, ce spectacle-là, c’était que de la musique électronique, issus de banques de sons. Par contre, sur la musique de jeu vidéo que j’ai fait après, j’ai vraiment eu envie d’avoir des vrais musiciens qui jouent. Donc là, j’ai pas mal d’amis que j’ai sollicités, je les ai enregistrés, je préparais le playback, la bande son pour eux et puis c’était l’un après l’autre.

– Et c’est toi en toute autonomie qui a fait ça avec ton Mac ?

– Oui, c’est ça.

– Comment t’es arrivé à trouver ce travail-là, pour composer une musique de jeu vidéo ? Combien de titre on t’a demandé ? Beaucoup d’heures de musique ?

– Alors là, oui, c’est assez énorme, car j’ai 32 musiques à écrire. Pour l’instant, j’en ai fait 12.

– Mais comment es-tu arrivé à trouver ce plan ? Parce qu’il y a plein de gens qui rêveraient de faire ça. Comment on rentre dans ce réseau, en fait ?

– En fait, il n’y a pas trente-six mille solutions. C’est aller à des festivals et rencontrer les professionnels. Il faut aller dans le milieu quoi.

– Il faut s’ouvrir tout simplement.

– C’est ça.

– Toi, on t’a présenté des gens ?

– Non, j’ai fait une candidature spontanée. Et c’est vrai que j’ai eu de la chance. Parce qu’au moment où Stéphane Surget, donc c’est la boîte qui s’appelle le Grand Cauldron, à Villeurbanne, a monté sa boîte, il a ouvert son site en disant qu’il crée un jeu vidéo. Il n’avait pas forcément pensé à un compositeur en particulier. Et moi, je cherchais justement des créateurs de jeux vidéo et j’ai envoyé quatre mails à quatre boîtes. Et sauf que lui a répondu tout de suite et que ça l’a intéressé.

– Tu lui as fait écouter des choses, j’imagine ?

– Bien sûr, on s’est vu deux jours après. Il m’a montré son jeu, je lui ai fait écouter des musiques. Comme je savais qu’il voulait de la musique celtique, je suis arrivé avec une dizaine de morceaux que j’avais joués pendant 15 ans. J’ai fait des concerts pendant quinze ans donc j’avais pas mal de choses enregistrées. Comme je savais qu’il voulait de la musique celtique, je suis arrivé avec une dizaine de morceaux que j’avais joués pendant 15 ans. Et sur les dix, il y en avait 8 qui lui plaisait. Il y avait déjà 8, sur lesquels on pouvait travailler et adapter au jeu quoi.

– Donc, sur tout ce travail-là, tu as pris combien de temps pour livrer ces musiques de jeux vidéo ?

– 2 mois à temps plein.

– Travailleur solide quand même derrière l’ordi, avec les musiciens aussi ?

– Oui, puis c’est intéressant de voir aussi ce qu’ils donnent, les problèmes aussi, comme les violons, il y avait les cordes qui vibrent à côté, puis ça s’entend.

– Oui, c’est très formateur aussi.

– Oui, j’apprends.

– Super, et tu as d’autres projets ?

– Oui, j’ai encore un son et lumière à faire là sur Napoléon toujours à Vizille. Et puis les jeux vidéo qui continuent. Et puis, je travaille aussi pour des courts-métrages.

– d’accord !

– Donc là, pareil, il faut essayer de voir qui sont les réalisateurs de courts-métrages qui ont besoin de compositeurs, se mettre en contact, prendre rendez-vous, voir si ça colle…

– Puis tu as commencé à travailler avec notamment Laurent Cistac ?

– Oui, sur des documentaires, musique de film,….

– Donc ça permet de faire des rencontres aussi. Du coup, c’est un nouveau travail ça aussi ?

– Oui, alors c’est plus facile que la musique de film, parce que même si la musique a son importance, dans le documentaire, le focus, il est vraiment sur ce qui est dit, ce qui est raconté et la musique soutient ça. Pour un film, le coté émotionnel est plus fort et plus travaillé. Puis, il y a effectivement un budget quelque part, on travaille plus vite aussi et on va plus vite à l’essentiel. La démarche documentaire est différente.

– Et là sur ce documentaire ça t’a pris combien de temps de faire ce travail ? Tu as été autonome complètement ? C’est toi qui as mixé ? Tout sur Logic ?

– Oui, tout à fait, il m’a livré la vidéo, je l’ai importée dans Logic pro. Je lui ai demandé exactement à quel endroit il voulait de la musique et puis quel style de musique il voulait. C’est pour dix minutes de documentaires, je ne sais pas, il doit y avoir peut-être cinq minutes de musique. Et sur les cinq minutes, j’ai mis 2 jours quoi. Deux jours, mais vraiment à travailler les choses, à utiliser de l’audio, mais aussi à utiliser des banques de sons pour donner plus d’ampleur et c’est intéressant.

– Et en dehors des stages que tu as faits avec moi, tu as voulu encore continuer à aller plus loin. C’est toujours intéressant comme démarche, toujours à vouloir se former, avancer, est ce que tu peux nous parler de ça aussi ?

– Je suis monté à Paris pour une formation dans le 18ème, à Paris. Ils sont vraiment très sympas et ce qu’ils font, c’est de qualité. Il y a un an, je me suis formé à l’écriture de musiques de films. Le but pour moi, c’était de savoir si j’étais capable de faire des musiques de films. J’avais déjà fait le ciné-concert, mais il me semblait que la démarche d’un compositeur devant l’ordinateur, de composer à l’image, c’était un petit peu différent que ce que j’avais fait en ciné-concert. Juste une parenthèse, j’ai utilisé Mainstage, pour le deuxième ciné-concert que j’ai fait. C’était vraiment intéressant. Mainstage, c’est un prolongement de Logic pro pour un live et ça, c’était chouette aussi de vivre ça. Du coup à Paris, il y a un an, je me suis formé à l’écriture de musique de film et j’ai vraiment eu l’impression que le retour que j’avais : c’est que j’avais les capacités, que le fait que je compose depuis longtemps et que mon style de musique correspondent bien.

– Ça t’a donné aussi, c’est vrai que les formations, j’ai l’impression dans ton parcours que ça a eu un impact, c’était important quoi.

– Oui, bien sûr.

– La dernière formation que tu as à fait là ?

– Donc, j’en reviens. C’est tout chaud. Et là, c’est : écriture de musiques de films pour orchestre. Donc c’est vraiment le stade supérieur où là, on est face à un orchestre. Donc, là, il y avait une quinzaine de cordes, il y avait quatre bois et quatre cuivres. Il fallait écrire des musiques de films pour orchestre, donc pour ses 23 musiciens et c’était vraiment une belle aventure. Et pareil, est ce que je suis capable d’écrire pour un orchestre, une chose que je n’ai jamais fait avant. Ça a permis d’expérimenter et de voir aussi ses limites. Et puis les formateurs sont là pour nous aider, pour nous donner les conseils qu’il faut et au bout du compte, je suis bien content, j’ai écrit 4 musiques.

– Rapidement, tu pourrais nous parler des outils que tu as utilisés ? Est-ce que tu as fait ça sur Logic, Pro-tools ou un autre logiciel ?

– Alors Pro-tools,  c’était utilisé en studio, donc en fait le stage, c’est deux semaines d’écriture, une semaine d’enregistrement en studio avec les musiciens. Avec Pro-tools, c’est l’ingé son qui s’en occupe, et après dernières semaines, c’est le mixage de la musique qui était enregistré et c’est aussi une étape importante parce que c’est là où la musique prend vraiment toute sa forme. On met en avant ce qui a besoin, on retravaille, c’est vraiment passionnant.

– Et l’écriture de partition, tu l’as fait avec quel logiciel ?

– Au début, je voulais faire ça avec Logic pro. Et en fait, ce n’est pas évident de passer des banques de sons pour entendre le rendu à la partition, comme là, il fallait faire très vite. On était vraiment sur un temps très court, il fallait être efficace. Du coup, je suis passé sur un autre logiciel qui s’appelle Notion.

– Donc, tu as écrit toutes tes partitions avec Notion ?

– Oui,

– Et ensuite, tu peux les exporter dans Logic, en midi, j’imagine.

– Voilà, exactement. Et après, je peux ajouter des percussions ou de la harpe ou d’autres choses, s’il y a besoin. C’est peut-être intéressant de voir aussi Notion. Comment ça marche. C’est très facile d’accès.

– Pour quelqu’un qui connaît le solfège, ça va très vite quoi.

– Exactement, le fait d’avoir le score en général et il fait tout seul, bien sûr, les parties séparées. Et on a l’orchestre devant soi et on peut du coup donner des bouts de mélodies à l’un à l’autre. Le son à la base n’est pas terrible, par contre ce qui est intéressant, c’est que toutes les nuances qui sont données, tous les accents, toutes les liaisons d’expression sont joués en direct. Donc ça obéit vraiment à toutes les intentions musicales qu’on donne. Et ce qui est intéressant, c’est qu’on l’entend en direct. Alors que sur Logic pro, on rentre les choses avec le clavier, mais après la partition, c’est autre chose. Il faut repenser du coup toutes les intentions musicales. Alors que là, elles sont directes et on les entend. Et au début quand on ne met rien, on met juste les notes, ça ne sonne pas terrible, mais, après le rendu final, une fois qu’on a mis tout ce qu’il faut, ça sonne. Et après l’orchestre, du coup, a toutes les intentions musicales sur partition et c’est ça qui est important.

– Ok, donc on peut dire qu’aujourd’hui, tu as presque changé de métier non ?

– Oui, c’est ça !

– Incroyable, alors que tu es vraiment compositeur de musique de films, jeux vidéo, court-métrage, documentaire… C’est vraiment devenu ton métier ?

– Oui

– Et tu es autonome ? Avec l’ordinateur, avec ton instrument ? C’est le rêve quand même, c’est sympa.

– Ah bah oui, c’est super. Là ce qui me manque pour l’instant, c’est pour tout ce qui est prises de sons, d’avoir des bons micros, d’avoir aussi un home studio. Mais bon, pour l’instant ce que j’ai, c’est le minimum, ça me permet de travailler. Et puis, on verra quand j’aurai plus de sous.

– Alors tu avais quand même deux périodes, où tu es passé de prof de piano à intermittent et intermittent à compositeur de musique de film. Est-ce que pour ceux qui veulent un peu changer de voie, comme ça, tu peux leur donner un conseil ? Souvent, les gens ont peur en fait, de se dire voilà j’arrête ça, je fais ça, parce que la peur de ne plus avoir d’argent, de prendre des risques. Qu’est-ce qui a été le déclic pour toi dans ces deux périodes, un peu de transition comme ça ?

– Pour moi la transition, ça va remonter au ciné-concert parce que je continue à faire des concerts et en même temps, j’étais déjà dans le cinéma, parce que je jouais sur des films muets. Donc, ça a vraiment été une transition.

– Comment as-tu dépassé cette peur finalement ? De changer d’orientation ?

– C’est une sorte de confiance en soi et puis c’est la formation ça m’a vraiment aidé pour me sentir à mon aise, à avoir les outils, et puis le retour des formateurs est important parce que ça redonne confiance. Sinon, c’est de l’énergie, savoir où on va et puis tout simplement oser.

Là, par exemple, pour trouver du travail en musique de film, il faut aller à des festivals. Je suis allé à Annecy. Et c’est à Annecy que j’ai eu le déclic de vouloir faire de la musique pour jeux vidéo. Il y a comme Clermont Ferrand, qui est un festival de court métrage. Donc Annecy, c’est le festival de films d’animation. Il y Cannes, bien sûr. Il y a le festival d’Aubagne, qui est le festival de musiques de films.

Donc il faut aller à ces festivals, il faut oser se confronter à des producteurs et des réalisateurs, montrer ce qu’on a. Le fait d’avoir un site, c’est important, parce qu’on peut faire écouter du coup des choses. C’est important d’avoir sur soi une carte de visite, de la musique pour faire écouter, des courts-métrages sur lesquels on a travaillé pour pouvoir montrer à l’image ce qu’on donne. Et puis, après, c’est un peu la chance, mais c’est aussi savoir aller vers les autres.

– Stéphane, bravo en tout cas. Merci d’avoir accepté l’interview.

– Ce n’est que le début !

– On se reverra peut-être pour une prochaine interview. Je vous mettrai les liens en dessous de la vidéo. Et peut-être, sur des festivals que tu as donné, sur la formation Logic pro si ça vous intéresse et puis également les formations que tu as suivies à Paris. On mettra les liens en dessous pour ceux que ça peut intéresser. À bientôt Stéphane.

– Au plaisir, Salut.

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