Protocole de mixage

Protocole de mixage

Un mixage se déroule selon une organisation logique.
Respecter ce protocole fait gagner en vitesse, en efficacité et protège des erreurs les plus fréquentes.

Avant de commencer

Faire un export de votre équilibre en fin de programmation.

On appelle ça une balance ou une mise à plat.

C’est ce qui vous permettra de vérifier que vous n’avez pas « perdu le morceau en route » pendant le mixage.

Il est difficile de garder du recul, d’avoir la vision globale quand on mixe un morceau complexe.

La comparaison avec le point de départ peut être rassurante ou alarmante, donc utile.

L’ordre des pistes

Disposez vos pistes dans l’ordre du mixage, c’est à dire :

Pour un morceau pop/rock, la batterie, puis la basse, puis les instruments médium, guitares, claviers, puis les voix et le chanteur.

Pour la batterie ce sera la grosse caisse, puis la caisse claire, puis les toms, puis la charleston, puis les cymbales, puis les percussions.

Pour un morceau orchestral, ce sera par section, généralement dans la disposition des partitions d’orchestre.

Respecter l’ordre des partitions donne un code qui permet de gagner du temps quand on cherche un instrument parmi des dizaines de pistes.

A l’intérieur d’une section, on procède du grave vers l’aigu.

Contrebasse violoncelle alto violon B violon A
Basson clarinette hautbois flûte, etc.

Faire les sons

Ici les méthodes divergent.

Certains ingénieurs du son font le son de chaque piste séparément, puis les assemblent et les rectifient.

D’autres préfèrent écouter le global en permanence car rien ne sert d’avoir une piste qui sonne bien si elle n’est pas au bénéfice de tout l’arrangement.

Au final, l’auditeur n’entendra pas les pistes séparées mais le morceau assemblé.

Les deux méthodes ont leurs arguments.

On commence par les compresseurs et les égaliseurs.

Les deux fonctionnent ensemble car le compresseur modifie la réponse en fréquence et inversement l’égalisation modifie le réglage du compresseur.

Vérifiez toujours que ce que vous faites apporte un mieux. Ne soyez pas systématique. Trop de médicaments peut tuer le malade.

Ensuite on peut travailler l’acoustique et les effets.

Parfois on attendra d’avoir fait le son de tous les instruments pour savoir le dosage nécessaire et suffisant.

Ce que je veux dire, c’est qu’avec les premiers instruments on a toute la place disponible pour des réverbérations et des effets massifs.

Une fois que toutes les pistes sont ouvertes, il n’y aura peut-être plus de place pour tout le monde…

Travailler l’équilibre et les proportions

En utilisant parfois l’automation, on affine l’équilibre des volumes.

C’est alors qu’on se rend souvent compte que le travail du son a rendu certaines pistes trop grosses et d’autres trop discrètes.

C’est une phase de réécriture où l’on peut reprendre et tester d’autres réglages.

L’écoute

Deux actions essentielles :

Faire des pauses.
Lorsque j’ai travaillé avec Dominique Blanc-Francard, j’ai eu presque l’impression qu’il était fainéant. Il faisait des pauses sans cesse.
Et pourtant, il travaillait à deux ou trois fois la vitesse de tous les nombreux autres mixeurs que j’ai rencontré.
Les oreilles se fatiguent, notre concentration diminue avec le temps.
En faisant des pauses on reste à son plus haut niveau et on gagne la course.

Avoir plusieurs écoutes
Quand on travaille longtemps sur un morceau, un phénomène hypnotique apparaît.
On peut ne plus se rendre compte de certaines aberrations.

Changer d’écoute rompt le phénomène.
Comme il est très important de bien connaitre ses écoutes, pourquoi ne pas avoir un casque fidèle, que vous connaissez par cœur et qui vous suivra partout avec la même restitution.
De plus, les enceintes et les casques ne mettent pas les mêmes paramètres en évidence.
C’est une bonne idée d’utiliser les deux alternativement.

Un autre contrôle important, c’est le niveau d’écoute.

Fort, vous entendez bien les seconds plans et les petits défauts, mais votre oreille fatigue vite et perd la balance fine.

Faible, c’est le test de vérité d’une balance équilibrée. Un bon mix est un bon mix à tous les niveaux d’écoute.

Pour finir

Si vous le pouvez, laissez reposer et redécouvrez votre mixage un autre jour.

Si ça vous plait, alors passez au mastering.

Sinon, sauvegardez et modifiez. Parfois c’est la programmation qu’il faut revoir.
Est-ce qu’il n’y a pas trop de pistes ?

Le mixage est le tribunal du choix des sons.
Si tout est homogène, alors tout ira bien.
Sinon, il vaut mieux modifier un instrument que de remixer quatre fois.

Un morceau bien programmé se mixe facilement.

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